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Un village vertical au cœur de la ville

publié le 28 janvier 2019 (modifié le 20 février 2019)

On peut l’appeler à tort la tour Castro, du nom du célèbre architecte. Ce serait oublier Sophie Denissof, son associée et collaboratrice depuis de très nombreuses années. Puis le bâtiment n’a pas grand chose à voir avec l’image que l’on a habituellement d’une tour.
Il suffit de se rendre place du Front Populaire, où les travaux sont en cours de finition, pour découvrir la dernière création de l’Atelier Castro-Denissof Associés qui
fait face au futur Campus Condorcet.
« Je me suis beaucoup rebellé contre les
grands ensembles
 », affirme Roland Castro. Et ça se voit. Cet immeuble ou plutôt ce village vertical de 55 m de haut abrite 88 appartements. Inutile d’appeler Nexity, le promoteur en charge de la vente, ils ont déjà tous été vendus. Et l’on comprend pourquoi.

Nouvelle impulsion

En visitant le chantier, on déambule entre duplex, loggias, jardins suspendus… « Les gens veulent habiter dans leur propre maison, ils ne veulent plus d’uniformité. Nous avons souhaité créer des
maisons dans un espace commun, un village
 », précise Sophie Denissof. « C’est
l’aboutissement d’une réflexion qui prône qu’un beau et un bon morceau de ville, qu’il
soit vertical ou horizontal, est un lieu qui doit rendre possible la rencontre, sans pour autant la rendre obligée
 », ajoute Roland Castro.
Pari réussi, fruit du travail mené par
les architectes sur les volumes et les transitions de leur projet « Habiter le ciel ».
On a le sentiment d’être dans une succession de petits immeubles, entrecoupés de jardins communs ponctuant de verdure les façades de l’édifice, alors que le bâtiment compte 18 étages.
Chaque appartement a son propre cachet et, détail qui n’est pas des moindres, la vue des derniers étages est imprenable.
En fin de journée, le coucher de soleil y est même féerique. Mais il reste encore quelques mois à attendre avant que les nouveaux arrivants – la livraison est prévue au 1er trimestre 2019 – puissent en profiter.
Ces acquéreurs sont en majorité des primo-accédants, âgés de moins de 40 ans et les deux tiers d’entre eux sont originaires de Seine-Saint-Denis.
« Dès les deux premiers mois de la mise en vente, 60 % des réservations avaient été faites  », précise Nexity.
Un succès fulgurant. Sont également prévus dans le même îlot, 40 logements sociaux (OPH Aubervilliers), 112 logements étudiants
et 510 m2 de surfaces commerciales (une brasserie et une supérette bio). De quoi donner une nouvelle impulsion au quartier, déjà bien parti sur sa lancée.

Un repère visible

Pour Sophie Denissof, la résidence Emblématik – tel est son nom – « entend prolonger l’ensemble du front bâti de la place du Front Populaire et donner une autre
lecture de cet immense espace public
 ».
Elle a de quoi, en effet, devenir un repère visible, un bâtiment emblème du lieu.
L’aménagement de cette grande place a été réalisé par SEM Plaine Commune
Développement, s’appuyant sur l’arrivée, en décembre 2012, de l’actuel terminus
de la ligne 12 du métro. « Mais le métro n’est pas arrivé au milieu de nulle part »,
tient à préciser Catherine Léger, directrice générale de Plaine Commune Développement.
En effet, la mutation de cette ancienne friche industrielle a commencé en 1997. Depuis, le quartier n’a cessé de se transformer et c’est en 2012 que « la place du Front Populaire est alors aménagée concomitamment aux travaux du métro », explique la responsable. La ZAC Nozal Front Populaire (40 hectares),
comme on l’appelle, a fait l’objet d’un premier aménagement dans les années
2000-2010 sur le secteur dit « Nozal Chauderon » avec la réalisation d’un quartier majoritairement habité.
Puis ont suivi des bureaux, des commerces, l’implantation de la Maison des sciences de l’homme… Le métro ayant fait office de « véritable levier pour le développement du quartier  ».
Avec l’arrivée du Campus Condorcet en 2019, le projet Pulse de 30 000 m2 de bureaux et deux hôtels, la résidence Emblématik est le signal fort de l’incroyable mutation du quartier.

Céline Raux-Samaan avec Max Koskas