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Rester chez soi, c’est possible

publié le 5 avril 2017 (modifié le 21 avril 2017)

Marcelle a 83 ans, des soucis respiratoires et un oedème qui l’empêchent de sortir de chez elle. Elle a été hospitalisée plusieurs mois. Depuis trois ans, elle a réintégré son domicile, où elle réside seule. « Vous me faites ce que je ne peux plus faire », lance-t-elle jovialement à Hawa, aide-soignante, qui l’accompagne pour la douche. Trois fois par jour, Marcelle reçoit aussi des soins infirmiers. Trois fois par semaine, une auxiliaire de vie fait le ménage et les courses.

Un ergothérapeute planche sur un nouveau fauteuil de salon inclinable. Autant de visites organisées par le pôle Vie à domicile de la Ville, à la demande initiale de la fille de Marcelle.

20 nouvelles places de soins renforcés

« Cela me permet de rester chez moi. Je conserve un peu d’autonomie, je me réchauffe des repas préparés par ma fille qui habite tout près. Et ces visites sont des moments agréables, je suis très bavarde !  », explique Marcelle, regard bleu rieur.

Intégrer une structure collective ou médicalisée ? « La plupart des personnes dépendantes, même isolées, préfèrent leur domicile », souligne Corinne, l’infirmière. Le pôle Vie à domicile – 125 places de soins, dont 15 pour des adultes handicapés de moins de 60 ans – vient d’ailleurs de créer 20 places en plus de soins renforcés pour les cas plus lourds.
Ceci, après avoir remporté un appel à projets de l’ARS (Agence régionale de santé) qui les finance à titre expérimental pour trois ans.
« Ceci doit permettre des retours à domicile plus rapides après une hospitalisation, et des relais avec l’hospitalisation à domicile », explique Paul Caroux, à la tête de l’équipe de 37 aides-soignantes, 8 infirmiers dont 2 coordonatrices, l’ergothérapeute et bientôt un psychomotricien. Il coordonne aussi les prestations d’auxiliaires de vie.

Soins et aide à domicile sont d’ailleurs en cours d’intégration dans un service unique,
avec également un soutien de l’ARS. « Avec les auxiliaires de vie, on se transmet des messages, on s’entraide pour une meilleure prise en charge », explique Corinne. Si la plupart des patients ont entre 80 et 95 ans, Daniel est un petit jeune avec ses quelque 74 ans ! A la suite de problèmes de santé, il ne tient pas debout.

« Mais je suis mieux chez moi », lance-t-il depuis son lit. Il plaisante avec Corinne pendant les soins et tente de se confier sur des aspects de son quotidien. « Quand c’est possible, je rends le temps d’écouter. Si le planning des tournées est trop serré, je le dis au patient, je l’écouterai mieux la prochaine fois !  », explique l’infirmière. Pour elle, l’aspect relationnel est important. « Les conditions de travail sont parfois difficiles, juge-t-elle, mais c’est un métier que j’ai choisi, et j’aime ce que je fais ».

Naï Asmar

Pôle vie à domicile
Tél. : 01.48.39.53.06